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lunedì 24 ottobre 2011

Il est temps de régler nos horloges


Il est temps de régler nos horloges
Un regard rétrospectif sur ce que l’on a pu qualifier de « Printemps Arabe » qui  a soufflé sur le monde en ces derniers temps, emportant ceux qu’il pouvait emporter au passage, devrait être un signal pour tous, aussi bien pour les éplorés que pour ceux qui se frotteraient les mains en signe de satisfaction pour mission accomplie.
En effet, depuis le suicide auto-incendiaire du jeune Tunisien offert publiquement en holocauste, pour dénoncer l’injustice sociale ainsi que les autres bassesses orchestrées pour que ce soit toujours les mêmes qui continuent à se pourlécher les babines, nous devons désormais comprendre que l’heure n’est plus au système traditionnel de lutte, à effet imperceptible tout de suite comme la grève de faim ou autres méthodes rendues caduques avec le temps. Désormais, il faut agir sur le champ et de manière à susciter une réaction spontanée, suivie et en masse.
Cette nouvelle donne a brisé les chaines, en déverrouillant les indéboulonnables du pouvoir pour les livrer à la débandade ou à l’issue fatale. Alourdis par le poids des années de règne et aveuglés par la recherche effrénée du gain facile, des dirigeants s’étaient effectivement rendus sourds aux innombrables cris de détresse de leur peuple, ignorant parfois-même la réalité exacte du terrain. Il est grand temps de régler nos horloges et savoir compter avec le peuple qui a désormais appris à crier libération et à se faire justice.

lunedì 10 ottobre 2011

PLAINTE CONTRE LE PAPE BENOIT XVI DEVANT LA COUR PENALE INTERNATIONALE


PLAINTE CONTRE LE PAPE BENOIT XVI DEVANT LA COUR PENALE INTERNATIONALE

Une plainte a été déposée lundi 12 septembre 2011 contre le Pape Benoît XVI devant la Cour Pénale Internationale (CPI) par deux organisations américaines de défense de victimes de prêtres pédophiles. Ces organisations sont le SNAP, Réseau des Survivants des Personnes Abusées par des prêtres et le CCR, Centre pour les Droits Constitutionnels. La plainte vise également les cardinaux Tarcisio Bertone, actuel Secrétaire d'Etat  du Vatican, Angelo Sodano, son prédécesseur et William Levada, actuel Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
Que faut-il penser de cette nouvelle initiative malheureuse d’associations dont les véritables mobiles sont le plus souvent méconnus des publics. Il s’agit d’un stade un peu plus important que viennent de franchir ces associations.
En tant que juriste de Droit International ayant soutenu mon mémoire de Maîtrise sur un thème qui envisageait une analyse détaillée de la Cour Pénale Internationale d’un double point de vue institutionnel et matériel, et également, en tant que fidèle catholique, je me propose de partager avec vous, en ce qui concerne cette procédure, ce qu’il ne faut pas craindre (I), ce qui est recherché (II), ce qui est inquiétant (III) et ce qu’il faut faire (IV).

CE QU’IL NE FAUT PAS CRAINDRE

La plainte a été déposée sur la base d’une incrimination claire : le crime contre l’humanité. Les plaignants estiment que le Pape et ses proches collaborateurs sont responsables des crimes de pédophilie commis par tout prêtre quelconque dans le monde soit en tant que supérieurs, soit en raison du silence qu’il aurait gardé sur la question. Ils qualifient donc cette double attitude cumulative ou alternative de crime contre l’humanité.
Je le dis d’entrée de jeu, il ne faut pas craindre que cette procédure aboutisse. Elle ne peut pas aboutir pour deux raisons essentielles :
- la première qui est de loin la plus fondamentale est que la responsabilité pénale est individuelle, c’est-à-dire, que nul n’est pénalement responsable que pour les actes qu’il a personnellement commis. Dans cette procédure, le pape ni les autres cardinaux ne sont pas visés pour des actes personnels de pédocriminalité. Comme, en droit pénal, il n’existe pas la "complicité par omission", c’est peine perdue pour les plaignants, de ce point de vue. L’article 25 du statut de la Cour Pénale Internationale encadre bien d’ailleurs la notion de responsabilité pénale individuelle.
- la seconde est que le crime contre l’humanité est strictement règlementé par l’article 7 du statut de la Cour Pénale Internationale. L’alinéa de cet article que les plaignants comptent utiliser est sans doute le 1.g) qui énumère les crimes suivants « viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, stérilisation forcée et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ». Seulement, selon les dispositions de cet article 7, ces crimes doivent être « commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile et en connaissance de cette attaque ». L’alinéa 2.a) du même article 7 prend le soin de définir la notion en précisant que « par attaque lancée contre une population civile, on entend le comportement qui consiste à multiplier les actes visés au paragraphe 1 à l’encontre d’une population civile quelconque, en application ou dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque ».
On est donc loin du compte. On l’est d’autant plus qu’il ressort des dispositions de l’article 12 du statut de la CPI que la Cour n’est compétente que si « L’État sur le territoire duquel le comportement en cause a eu lieu » et/ou « l’État dont la personne accusée du crime est un ressortissant » ont reconnu sa compétence. En l’occurrence, il est clair que le Vatican n’a pas signé le traité de Rome instituant la CPI et que les Etats-Unis ne l’ont que signé, ils ne l’ont pas ratifié.
Cependant, ces associations américaines de victimes de pédophilie qui portent ainsi plainte ne sont pas que fantaisistes. Elles savent ce qu’elles veulent. Elles recherchent quelque chose de précis.  

CE QUI EST RECHERCHE

Ce qui est recherché par ces associations n’est pas directement l’application de sanctions pénales contre le Pape comme des peines privatives de liberté (prison), des peines d’amendes, etc. Sinon, elles s’y seraient prises autrement. Elles recherchent sans doute au moins deux choses :  

- la moins importante est la possibilité de légitimer une réclamation civile sur la base de l’action au pénal ainsi entreprise et bénéficier de réparations civiles sous forme de dommages et intérêts. Ceci ne doit pas leur être prioritaire sinon, elles auraient initié directement sur le sol américain des procédures civiles tous azimuts.

- la plus importante et la plus prisée est sans nulle doute le coup médiatique qu’elles escomptent de leur démarche. Elles vont faire le tour du monde pour se faire voir, et ainsi, exercer les mentalités populaires à la contestation de l’autorité ecclésiale. Elles veulent vulgariser l’idée selon laquelle le Pape n’est pas au dessus des lois, il n’est pas un Dieu, il est pécheur, il est responsable, on peut manifester contre lui, on peut réclamer sa tête, on peut revendiquer sa destitution, etc. In fine, c’est une déstabilisation de l’Eglise qui est recherchée, un affaiblissement de son autorité morale aux fins d’un épanouissement des idées et des attitudes libérales. Si la donneuse de leçons est contestée, il n’y plus de borne à la "liberté". En filigrane, on sent cette intention dans la ligne éditoriale de plusieurs médias occidentaux qui banalisent l’engagement pontifical en l’assimilant à un vulgaire bail présidentiel ou monarchique.

CE QUI EST INQUIETANT

Il y a tout de même quelque chose d’inquiétant dans ce qui se passe. Ces affaires de pédophilie constituent un terreau fertile à la contestation de l’autorité papale. L’Eglise est une institution plusieurs fois séculaire dont l’universalité est une réalité et un succès incontestable : tenez, chaque jour ou dimanche, ce sont les mêmes lectures et oraisons qui sont utilisées partout dans le monde entier que ce soit à Boussé, à Banakélédaga, à Oula Bator, à Hanoi, à Séguéla, à Gorée, Ouidah, Toulouse ou à Caracas, etc. Cette universalité est une véritable puissance. On ne lui prêtait pas une longue survie au lendemain des divorces entre l’Eglise et l’Etat dans les pays occidentaux. La pérennité de cette universalité de l’Eglise dérange et effraie car elle semble échapper à l’action du temps telle une fleur qui ne flétrit pas. Donc, de plus en plus, l’Eglise sera attaquée, humiliée, vilipendée.

Ce qui inquiète dans ces affaires de pédophilie, c’est le terrain civil et administratif. La jurisprudence américaine a accepté que le Pape pouvait être considéré comme un employeur dont la responsabilité civile pourrait être mise en jeu pour le fait de n’importe quel prêtre qui, à ce moment, serait considéré comme un employé du Pape (lire le lien suivant : http://reunion.orange.fr/news/monde/usa/pedophilie-le-vatican-peut-etre-tenu-responsable-selon-la-cour-supreme,566515.html). Ce que visent les adversaires de l’Eglise, au nombre desquels je cite volontiers, l’avocat américain Jeff ANDERSON, c’est l’assèchement financier du Vatican pour couper les routes de l’Evangélisation (voir le lien http://plunkett.hautetfort.com/archive/2010/06/29/la-justice-americaine-declare-la-guerre-au-vatican.html#more). En termes clairs, Jeff ANDERSON dit vouloir ruiner financièrement l’Eglise Catholique qui lui parait être la Grande Babylone. En faisant condamner le Vatican comme civilement responsable des prêtres indélicats, il incombera à Rome de payer les réparations sous forme d’indemnisations, ce qui devrait représenter d’énormes sommes à payer. Ce qui est triste, c’est que la Cour Suprême des Etats-Unis a validé cette procédure et désormais, le Vatican n’est pas à l’abri de poursuite au civil pour des réparations basées sur des faits et gestes de prêtres où qu’ils soient sur le territoire américain. Alors, quelles leçons en tirer ?
  
CE QU’IL FAUT FAIRE

Je ne suis pas la personne la mieux indiquée pour identifier ce qu’il faut faire. Cependant, j’y vais de mes petites suggestions. Mais d’ores et déjà, il urge de savoir qu’il y a beaucoup à faire et, ce à divers niveaux :

1) - au niveau des autorités, prêtres et autres agents pastoraux de nos Eglises locales :
- faire régner la discipline dans le clergé surtout sur le plan comportemental et sur le terrain de l’enseignement des fidèles (homélie, formations, conférences) ;
- développer des initiatives économiques et financières pour ne pas exclusivement dépendre des financements du Vatican qui pourraient tarir. D’ailleurs, cette recommandation est pertinente même en dehors de cette affaire de pédophilie car, les comptes du Vatican étaient au rouge durant au moins trois des quatre dernières années. C’est en 2010 qu’il est sorti de la récession économique ;
- assurer une meilleure intégration des fidèles dans l’Eglise de sorte à ce qu’ils connaissent davantage leur religion, s’y attachent, se mobilisent pour elle et se sentent engagés par elle. Ceci passe par des homélies pédagogiques et  de l’intérêt pour les fidèles.

2)- au niveau des fidèles Catholiques :
- il importe d’apporter à notre entourage un message de vérité sur ce qui se passe réellement afin de ne pas laisser s’installer les doutes sur la morale de l’Eglise et l’esprit de contestation de l’autorité ecclésiastique ;
- avoir la promptitude de réagir et occuper le terrain de la communication médiatique et interpersonnelle ;
- avoir un comportement digne de notre foi, moralité, fierté catholique, les objets de piété ;
- se sentir concernés par les activités de l’Eglise, même celles qui sont extra-liturgiques, contribuer au fonctionnement de l’Eglise en apportant son expertise, sa présence, sa contribution financière (préparer la quête du dimanche).
- redoubler d’intensité dans la prière pour l’Eglise catholique, Une, Sainte, Apostolique, pour nos communautés, nos personnes.  
Avec la grâce de Dieu, nous traverserons les turpitudes de l’adversité et de la contestation avec une foi plus solide comme aux temps forts de l’Histoire de l’Eglise. Nous voici donc acteurs de cette longue Histoire. Que Dieu nous guide et nous protège.

Sit Nomen Domini benedictum …
Osée Gaétan Possy-Berry QUENUM

La plainte contre le pape devant la Cour pénale : une anomalie juridique


La plainte contre le pape devant la Cour pénale : une anomalie juridique
Au sujet de La plainte déposée contre le pape devant la Cour pénale, je vous propose aujourd’hui une analyse  de l’Observatoire juridique, publiée sur (ZENIT.org) du dimanche 2 octobre 2011. L’Observatoire juridique est un espace de réflexion dirigé par l’Espagnol Rafael Navarro - Valls, professeur à la faculté de l’Université Complutense de Madrid, et secrétaire général de la Royale Académie de jurisprudence et de législation d’Espagne.
Une initiative de victimes de prêtres pédophiles
ROME, Dimanche 2 octobre 2011 (ZENIT.org) – Nous proposons aujourd’hui un « Observatoire juridique » spécial, face à la plainte déposée par le SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests), la plus importante association de victimes de pédophilie de la part de membres de l’Eglise, contre le pape Benoît XVI et plusieurs cardinaux de l’Eglise.
L’histoire du droit, au cours de sa longue évolution, a accumulé quelques curiosités juridiques. Je veux parler de situations anormales généralement classées dans les cas qui, parfois, font du droit une « mission impossible » ; autrement dit ce qu’on a appelé judicieusement une « iustopie ». Un grand nombre relève de la procédure, probablement parce que les sentiers du juriste sont tellement variés, qu’il n’est pas rare de voir certains finir dans des voies sans issue.
Je crains que l’un d’eux soit le chemin choisi par des conseillers juridiques de certaines victimes de ce délit gravissime qu’est la pédophilie. L’intention d’attribuer à l’Eglise catholique, au Saint-Père ou aux membres de la Curie de Rome, la responsabilité de faits commis dans différentes parties du monde par des personnes dotées de la capacité suffisante pour relever de la responsabilité pénale, et où il existe des organes judiciaires compétents pour les juger, constitue une véritable anomalie juridique.
Il ne s’agit pas seulement de quelque chose d’injuste mais, en outre, d’une mission impossible. Un peu comme si – pardonnez-moi la comparaison, qui comporte toujours une part d’inexactitude - on accusait le secrétaire général de l’ONU de faits délictueux commis dans l’un des 192 pays membres des Nations Unies. Les coupables sont les délinquants, non les autorités qui luttent pour éradiquer ces délits.
Le cas de Benoît XVI est particulièrement exemplaire : il a été le pontife qui a fait le plus dans la prévention et le châtiment des clercs ou religieux pédophiles. Certainement un petit nombre, par rapport à la grande majorité des membres du clergé ou des religieux qui mènent une vie ordonnée et irréprochable.
Certains média ayant eu l’amabilité de solliciter de notre Observatoire juridique une analyse de la plainte déposée devant la Cour pénale internationale de la Haye (CPI) – à ne pas confondre avec la Cour internationale de justice de l’ONU (CIJ) -, qu’il me soit permis de résumer ma pensée. Le lecteur me pardonnera si, inévitablement, je devrai recourir à un certain jargon juridique.
Compétence et matières jugées par la Cour pénale internationale. Le cas du Saint-Siège
Pour qu’un organisme international ait capacité d’agir, il faut avant tout qu’il soit compétent en l’espèce et que l’affaire portée devant lui soit recevable. La CPI exerce sa compétence à l’égard des personnes physiques, majeures, ressortissants d’Etats qui ont ratifié le Statut de Rome de 1998 instituant la CPI. A ma connaissance, ni le Saint-Siège ni le Vatican ne figurent parmi les Etats qui l’ont fait. Ainsi, en l’occurrence, cette Cour n’a compétence à l’égard ni du Saint-Père ni des 450 personnes environ qui jouissent de la citoyenneté vaticane, dont les cardinaux Bertone, Levada et Sodano, visés par la plainte déposée. Il en va de même, par exemple, pour les Etats-Unis ou la Chine qui n’ont pas ratifié le Statut de Rome : leurs autorités ne relèvent pas de la compétence de la Cour.
Seulement dans le cas où le Conseil de sécurité des Nations Unies estimerait qu’il existe une menace pour la paix et la sécurité internationales – ce qui bien évidemment n’est pas le cas -, la Cour pénale internationale pourrait être appelée à enquêter et juger de faits commis dans un Etat qui ne serait pas Partie au Statut de Rome. Cela est arrivé avec le génocide du Darfour (Soudan). Ce pays n’était pas Partie au Statut, cependant le 31 mars 2005, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1593déférant la situation du Soudan à la Cour pénale internationale (CPI).
Pour ce qui concerne la matière qui fait l’objet de la plainte (pédérastie pratiquée dans diverses zones géographiques), on pourrait très difficilement les faire entrer dans le champ d'action des crimes contre l’humanité énumérés à l’article 7 du Statut de la Cour. Non parce qu’ils n’auraient pas un caractère suffisant de gravité ; mais parce que cet article entend par crimes contre l’humanité des actes déterminés « lorsqu’ils sont commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque ». Parmi ces actes, certains délits sexuels comme la prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou « ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ». L’exemple le plus typique est celui des grossesses forcées, perpétrées en masse par une ethnie à l’encontre d’une autre, dans le cadre de conflits armés. En effet, la CPI a enquêté sur ce type de crimes commis au Congo, en Ouganda et en République centrale africaine.
Cependant, il s’agit ici de délits qui auraient été commis par des prêtres de différentes nationalités dans divers pays. Il manque ce que Cuno Tarfusser, juge de la CPI, vient de définir comme l’ « élément contextuel », c’est-à-dire des actes qui auraient été commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile, dans la poursuite de la politique d’un Etat. Depuis 2002, date où elle a commencé à fonctionner, la CPI a reçu quelque 8000 plaintes de toutes sortes. A ma connaissance, aucune procédure n’a été ouverte pour pédérastie dans ce contexte.
Complémentarité entre la CPI et les juridictions nationales
Ainsi donc, c’est le droit pénal de chacun des pays concernés qui a compétence, individuelle et territoriale. N’oublions pas que la Cour pénale internationale n’est que « complémentaire » des juridictions nationales (article 1 Statut CPI). Par conséquent, selon les dispositions du Statut, une question sera jugée recevable par la Cour seulement lorsque « l’affaire fait l’objet d’une enquête ou de poursuites de la part d’un État ayant compétence en l’espèce, à moins que cet État n’ait pas la volonté ou soit dans l’incapacité de mener véritablement à bien l’enquête ou les poursuites »(article17).
Est intéressante la position adoptée par la jurisprudence américaine à propos des relations entre les diocèses et le Saint-Siège en matière de pédophilie. En 2009, la cour d’appel des Etats-Unis pour le neuvième circuit a décrété, dans un important arrêt, qu’il n’y a pas lieu de parler de « communication ou de lien de responsabilité entre les diocèses et les membres du clergé concernés et le Saint-Siège » (Arrêt John Doe et Saint-Siège, année 2009, Cour d’appel pour le neuvième circuit, recours auprès de la Cour suprême rejeté).
Un autre tribunal de la Haye, lui non plus, n’aurait pas compétence : la Cour internationale de justice de l’ONU, non seulement parce que le Saint-Siège n’est pas un Etat membre de l’ONU (il ne dispose que du statut d’observateur permanent), mais aussi parce que, dans ce cas, il ne peut agir à travers des groupes de personnes, mais à travers des Etats, qui seuls ont qualité pour se présenter devant la Cour.(article 34.1 de la Cour internationale de justice de l’ONU).
Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, j’ai l’impression que quelques-unes des victimes de ces graves délits font l’objet d’une manipulation juridique par des adversaires de l’Eglise catholique. Il ne s’agit pas de minimiser leur douleur et la gravité du délit. Ce dont il s’agit est que cette indignation naturelle puisse trouver son expression adéquate – juridique également – dans les juridictions compétentes. Toute manipulation finit à la longue par être démasquée, surtout quand elle s’accompagne d’un grand déploiement médiatique. Le droit est un instrument très sensible face aux tentatives de cette sorte. Il réagit fortement, en rejetant ce qui n’est pas juste ou qui est grossi dans ses revendications de compétence. Ayons confiance dans la justice pénale des pays dans lesquels se sont produits ces faits douloureux que, j’en suis sûr, elle punira avec la sévérité voulue.
Par ailleurs, il est surprenant que cette plainte en justice ait été déposée immédiatement après cette approbation massive de la figure de Benoît XVI par deux millions de jeunes lors de la JMJ de Madrid, et immédiatement avant un voyage délicat du pape en Allemagne.
En définitive, je prévois pour cette plainte non fondée un refus sans palliatifs de la part de la Cour pénale internationale. Le thème, me semble-t-il, sera considéré avec le temps comme une de ces raretés juridiques qui, de temps à autre, se vérifient dans l’histoire du droit.
Rafael Navarro- Valls
Traduit de l'espagnol par Elisabeth de Lavigne
*L’Observatoire juridique est un espace de réflexion dirigé par l’Espagnol Rafael Navarro - Valls, professeur à la faculté de l’Université Complutense de Madrid, et secrétaire général de la Royale Académie de jurisprudence et de législation d’Espagne

sabato 10 settembre 2011

En mémoire du 11 Septembre 2001

Une prière en mémoire du 11 septembre 2001
La date du 11 Septembre nous rappelle l'attaque perpetrée contre les tours jumelles du Wolrd Trade center et du Pentagone. En ce jour anniversaire, il est opportun que nous fassions nôtre cette prière diffusée par le Conseil œcuménique des Eglises (COE), en hommage aux victimes des attentats, que nous retouvons dans la communication de Padre Lombardi du vendredi 9 septembre 2011 sur ZENIT.org . En voici la teneur de la prière ci-dessous :
"Aie pitié de nous, ô Dieu, dans ton amour inébranlable;
ôte la terreur de nos vies, dans ta miséricorde abondante.
Consacre nos mémoires, ô Seigneur,
quand nous évoquons le souvenir de ceux qui ont souffert et qui sont morts
à la suite du 11 septembre et de ses conséquences.
Bénis-nous alors que nous ressentons à nouveau la douleur de la perte,
et que nous travaillons à empêcher qu'une telle tragédie ne se reproduise.
Suscite notre gratitude quand nous considérons la qualité du soutien et de l'assistance
prodigués à ceux qui étaient blessés, choqués, plongés dans le deuil.
Donne-nous la capacité d'offrir une assistance semblable à ceux qui sont dans la détresse.
Rassemble-nous dans l'amour. Ne laisse pas brandir l'épée nation contre nation,
culture contre culture, religion contre religion, individu contre individu.
Purifie nos cœurs des intentions de violence et de la soif de vengeance.
Aide-nous à nous repentir de la haine, et à rechercher la paix fondée sur ta justice.
Pardonne-nous nos péchés, ô Seigneur, et enseigne-nous les actes qui contribuent à la paix;
car nous prions au nom de Jésus Christ, Prince de la paix,
pour la gloire de ton nom trinitaire. Amen."

martedì 23 agosto 2011

Le grand rendez vous de la Jeunesse avec le Pape Benoit XV


Madrid 2011: Le grand rendez vous de la Jeunesse avec le Pape Benoit XV

Les JMJ sont une expérience particulière et unique. C'est quelque chose de particulièrement impressionnant à voir. Près de deux millions de personnes se sont retrouvées pour prier et partager leur foi autour du Pape. Les jeunes se sentent de plus en plus rassurés. Désormais ils savent qu'ils ne sont plus seuls: "No esto solo", c'est à dire "Je ne suis pas seul". Ainsi, plusieurs se sont sentis raffermis dans leur foi. En substance, voici quelques confidences de Bénoit VI aux Jeunes: 
1. « Chers amis, qu’aucune adversité ne vous paralyse. N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse. Le Seigneur vous a donné de vivre en ce moment de l’histoire, pour que, grâce à votre foi, son Nom retentisse sur toute la terre. »

2. « Si vous demeurez dans l’amour du Christ, enracinés dans la foi, vous rencontrerez, même au milieu des contradictions et des souffrances, la source de la joie et de l’allégresse. »

3. « La foi ne s’oppose pas à vos idéaux les plus élevés ; au contraire, elle les exalte et les porte à leur perfection. »

4. « Le Seigneur appelle beaucoup d’entre vous au mariage, où un homme et une femme, en ne formant qu’une seule chair (cf. Gn 2, 24), se réalisent en une profonde vie de communion. »

5. « À d’autres, en revanche, le Christ lance un appel à le suivre de plus près dans le sacerdoce et la vie consacrée. »

Le prochain grand rendez vous de la jeunesse avec le Pape se tiendra  à Rio de Janeiro du 23 au 28 Juillet 2013. D’ors et déjà nous vous rassurons que c’est avec une grande détermination que l’épiscopat brésilien le prépare. La croix des JMJ, remise aux jeunes Brésiliens lors de la messe de clôture du rassemblement de Madrid, sera accueillie à São Paulo, au Brésil le 18 Septembre 2013.

domenica 7 agosto 2011

LE PAPE BENOIT XVI: DEBUT D’UN PONTIFICAT VECU SOUS LES SIGNES DE L'HUMILITÉ ET DE L’ENSEIGNEMENT

dans une analyse de Osée Gaétan Possy-Berry QUENUM, Fidèle Catholique et Ancien séminariste, parue dans SIDWAYA N° 6950 DU 23 JUIN 2011, PP. 13-15 et sur le site officiel de l'Eglise-Famille du Burkina Faso: http://www.egliseduburkina.org/spip.php?article442
 D’ores et déjà, il convient de reconnaître que le Pape Benoît XVI, après 6 ans de pontificat, reste populaire dans l’Église catholique avec la confiance générale de ses coreligionnaires. La plupart des avis défavorables, des reproches et des insultes faits au Souverain Pontife émanent de leaders d’opinions et de médias dont les lignes éditoriales et les mobiles sont souvent ignorés des lecteurs. En outre, il importe de noter que certaines de ces mêmes accusations dirigées contre Benoît XVI avaient été avancées, il y a seulement quelques années, contre son vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II. Mais, comme on le dit souvent, le meilleur Pape est toujours celui qui est mort.
Toutefois, ce bilan que nous dressons ne consiste pas à affirmer que la barque de saint Pierre est parfaite. Le Pape Benoît XVI lui-même affirme sans cesse que l’Église a besoin de purification. Les avis peuvent diverger sur un certain nombre de choix ou de propos du Pape, mais par rapport à la mission à lui confiée par le Christ, il semble bien que le bilan est positif. De toutes les façons, les catholiques du monde entier ne s’attendent pas à ce que ce soit des penseurs ou des philosophes, parfois athées, libéraux ou libertins ou, tout simplement, des personnes dont l’assise morale ou l’objectivité n’est pas avérée, qui dressent le bilan dont ils doivent tenir compte.
Au regard de son âge, d’une part, de la diversité des difficultés qu’il a rencontrées et des critiques qu’il a essuyées, d’autre part, il est admirable de voir comment le Pape a continué d’assumer sa tâche de guide du peuple chrétien sans ressentiment. Le plus édifiant est sans doute qu’il n’ait pas cédé à la provocation et que, face à chaque difficulté rencontrée par l’Église, sa hiérarchie et ses fidèles, il ait toujours essayé d’apporter des solutions. Ce faisant, il a gratifié l’Église d’une belle leçon d’humilité. Aussi, est-il important de noter que l’ampleur des problèmes à régler n’a pas enlevé à cet intellectuel de premier plan une de ses qualités principales : l’enseignement des fidèles aux fins de leur éducation religieuse. Dès lors, il importe, en dressant le bilan de ces 6 années de pontificat, de ressortir, dans un certain nombre d’événements cruciaux de cette période, comment, avec humilité et pédagogie, Benoit XVI a transcendé des attaques injustes et assumé les critiques constructives faites à l’Église ou à sa personne.
La vie privée du Pape
La vie du Cardinal Joseph Ratzinger, devenu Benoît XVI, ne nous était ni particulièrement familière ni suffisamment connue au Burkina notamment avant sa nomination par le Pape Jean-Paul II à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Mais dès cette nomination, le brio avec lequel il défendait les positions de l’Église lui a valu progressivement mais massivement l’organisation d’une foule d’adversaires issus de convictions, de confessions, de formations et d’horizons divers. La résistance et la fermeté avec lesquelles il a assumé sa tâche ont suscité en sa faveur une grande popularité dans l’Église. Mais, ce qui a le plus édifié les contempteurs du Pape actuel, c’est le calme et la sérénité qu’il a su garder face aux attaques les plus viscérales à l’égard de ses positions religieuses, de ses convictions spirituelles et philosophiques mais surtout à l’égard de sa personne et de sa vie privée. En effet, la principale réponse apportée aux critiques a toujours été empreinte d’humilité au point que ces circonstances ont été des occasions d’instruire le peuple chrétien sur la nécessité de la prière, du repentir et de l’abandon à Dieu.
Déjà, dès sa nomination en 1981 comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, une certaine presse attaquait le Cardinal Ratzinger, le traitant de « Panzer-Cardinal », à cause de son énergique défense des doctrines de l’Église. La basse manœuvre a d’ailleurs continué après son élection à la papauté quand la presse a commencé à parler de son appartenance, à l’instar de tous les jeunes de son âge, aux « jeunesses hitlériennes ». Elle reviendra encore de plus belle à l’occasion de la reprise du processus de béatification du Pape Pie XII initiée depuis 1967 par l’Église. Une fois encore, on essaya de créer un lien entre les origines allemandes de Benoît XVI, son passé dans les jeunesses hitlériennes et la béatification d’un Pape qu’on accuse injustement et sans aucune preuve historique d’avoir gardé le silence face aux massacres des juifs par les Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale.
À propos de cette polémique qui ne finit pas de rebondir, il faut dire que l’ouverture méthodique des archives démontre que Pie XII fut plutôt un défenseur des Juifs. De fait, après la guerre, l’ancien Consul d’Israël à Milan, Pinhas Lapide, déclara : « L’Église catholique sous le Pontificat de Pie XII fut l’instrument qui sauva 700.000 mais probablement jusqu’à 860.000 juifs d’une mort certaine de la main des nazis. Ces chiffres dépassent de très loin ceux de toutes les autres églises, institutions religieuses et organisations de secours réunis » (in Three Popes and the Jews, 1967, pp. 214-215). À la mort de Pie XII, Golda Meir, premier Ministre Israélien, déclara à l’ONU en 1958 : « Pendant les 10 années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du Pape s’est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes. Nous perdons un grand serviteur de la paix »… Enfin, Albert Einstein, cité par l’hebdomadaire Time en 1949 déclare qu’alors que toutes les institutions ou États abandonnaient les juifs, l’Église Catholique a été « la seule » qui soit intervenue.
Des études récentes bien documentées montrent que Pie XII a bel et bien défendu les Juifs. Malgré tout cela, le Pape Benoît XVI est lui aussi présenté tout simplement comme un ennemi du peuple d’Israël et un sympathisant du nazisme. Ces accusations sont gravissimes et visent fondamentalement à saper son autorité et sa crédibilité. Elles reposent sur des fondements faux : d’abord, l’initiative de la béatification de Pie XII n’est pas à attribuer à Benoît XVI qui ne fait que reprendre un processus existant, ensuite, l’amour du Pape pour le peuple juif a trouvé des terrains d’expression indubitable. En effet, dans une volonté de vérité et de réconciliation des cœurs, il a effectué un pèlerinage en Terre Sainte à l’occasion duquel il a montré une amitié profonde et désintéressée, aussi bien pour les Israéliens que pour les Palestiniens, leur demandant de renoncer à la violence et de parcourir les chemins de la convivialité, du dialogue, de la fraternité, du partage, de la justice et de la paix. Ce voyage a constitué une réponse magistrale à tous ceux qui croyaient que le Pape est un ennemi du peuple juif. Au sortir de cette démarche, les relations avec les responsables de l’État d’Israël et ceux de la religion juive se sont sensiblement améliorées.
Les relations avec l’Islam
Après les juifs, on aligna les musulmans sur la liste des ennemis de Benoit XVI. Le discours de Ratisbonne fut saucissonné au gré des adversaires du Pape au point qu’une grande majorité de personnes ignorent encore aujourd’hui que ce discours était consacré aux relations entre foi et raison et au fait qu’aucune religion ne peut accepter la violence. La presse et des intellectuels généralement opposés à Benoit XVI choisirent de ne commenter que la référence à l’Islam. Quoique cette référence ne fût que la citation (suivie d’un commentaire de la citation) de ce qu’un empereur de Constantinople avait dit à un musulman alors que l’armée musulmane était sur le point de conquérir la seconde Rome, les commentaires ont préféré présenter un Pape islamophobe. Pourtant, il est impressionnant de voir que dans ce discours de 31 paragraphes, seulement 5 furent consacrés à l’Islam. Même le thème de la déshellénisation, qui est intellectuellement plus exposé au débat et même à la contestation, n’a fait l’objet que de 11 paragraphes dans ce discours. Qu’à cela ne tienne, les 5 paragraphes furent jugés plus sensationnels que les 26 autres. Humainement, on aurait pu s’attendre à une forte réaction du Pape ou du Vatican face à une surexploitation aussi tendancieuse que malheureuse du discours. Mais, rien de tout cela, l’homme d’Église garda le profil face à ce que tout le monde appelait la « gaffe de Ratisbonne ». Pourtant, au grand désarroi de ceux qui veulent encore déifier ce discours dans le panthéon de la discorde interreligieuse, Ratisbonne, on est obligé de le constater, a été une opportunité heureuse pour les relations entre Islam et Christianisme. D’abord, à l’instar de ce que Benoit XVI a dit à Ratisbonne, de nombreux intellectuels et responsables musulmans ont affirmé que l’Islam n’encourageait pas la violence et, mieux, s’en démarquait. Donc, sur ce point, il n’y a pas de divergence entre une religion qui condamne la violence et un Pape qui cite un empereur byzantin du 14ème siècle pour lequel « Dieu ne prend pas plaisir au sang (…) et ne pas agir selon la raison (‘sunlogô’) est contraire à la nature de Dieu. La foi, poursuit-il, est fruit de l’âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace... Pour convaincre une âme douée de raison, on n’a pas besoin de son bras, ni d’objets pour frapper, ni d’aucun autre moyen qui menace quelqu’un de mort... ».
Plus encore, on n’oublie souvent que Ratisbonne était une rencontre universitaire où le Pape intervenait en tant qu’intellectuel avisé qui peut argumenter sans se préoccuper de faire plaisir à son auditoire. Il avait en effet conçu ce discours comme une leçon strictement académique, sans visée politique. Toujours est-il que les sensationnistes de Ratisbonne en ont eu pour leurs frais lorsque, malgré leurs écrits et leur acharnement, le Pape programma une visite à Istanbul. Au cours de cette visite, Benoit XVI donna une preuve irréfutable de son ouverture d’esprit, de son respect de l’Islam et de son souci du dialogue interreligieux. Ainsi, rencontra-t-il le Patriarche orthodoxe de Constantinople ainsi que les chefs religieux musulmans. Et le nec plus ultra de la visite fut la prière à la Mosquée Bleue à Istanbul auprès du Grand Muphti. Ce voyage consacra les fruits d’une démarche humble, conciliante et chrétienne puisque les liens entre l’Islam et le Pape sortent renforcés comme ceux avec le patriarcat de Constantinople.
La controverse de Yaoundé
L’humilité va encore être la réponse à la controverse du préservatif sur la route de Yaoundé. Au début de l’histoire, une heureuse initiative : un Pape réputé peu diplomate, moins voyageur que son prédécesseur, décide d’aller en visite en Afrique. Au terme du voyage, le bilan est éloquent : plus d’une semaine au Cameroun et en Angola. Le Pape est écrasé par la foule, acclamé par des centaines de milliers de personnes. Il dénonce l’injustice sociale, la corruption, il rappelle l’égalité des sexes, il prie, il donne l’espérance et il manifeste la sollicitude de l’Église à l’égard des plus faibles, des plus pauvres. Les chrétiens d’Afrique sont ravis. Mais en Europe, la presse se déchaîne, occulte tout cela, s’intéresse à une phrase extraite de son contexte. Le Pape est assimilé à un assassin, comme on l’avait exactement fait avec son prédécesseur, Jean-Paul II, accusé lui aussi en novembre 2004, par une série de personnalités et d’organisations homosexuelles, de crime contre l’humanité, parce qu’il avait défendu les mêmes positions que son Successeur. Comme on peut l’imaginer, ces récriminations sont avancées par des gens qui ne comprennent rien aux positions de l’Église et qui sont de surcroît malintentionnés. Benoît XVI, qui n’entendait pas donner une conférence scientifique sur la controversée question des préservatifs, voulait simplement présenter la pensée de l’Église sur la sexualité humaine qui ne peut être banalisée. Il invitait ainsi les hommes et les femmes à humaniser la sexualité et à la vivre dans le contexte d’un amour fidèle avec l’aide de la grâce de Dieu selon la doctrine classique de l’Église.
La crise de la pédophilie
La dernière attaque en règle du Pape et de l’Église et, de loin, la plus éprouvante du pontificat est celle des affaires pédophiles. On oublie souvent de signaler que la pédophilie est une maladie. En soi, il s’agit d’un phénomène social réel et présent dans l’Église mais dans une proportion beaucoup moins importante qu’on veut le faire croire et bien plus présente dans la société qu’on veut le voir. En la matière, comparer l’étendue du phénomène au sein du groupe des prêtres catholiques, du point de vue statistique, à d’autres catégories (socioprofessionnelles ou religieuses) peut paraître un exercice de mauvais aloi surtout si l’on venait à penser qu’une telle démarche vise à excuser les premiers. Pourtant, un tel exercice permet simplement de mieux saisir la mesure réelle de ce phénomène qui est devenu un vrai drame social dans une société où l’on tente de gommer tout repère moral. Une étude de Philip Jenkins, Pedophiles and Priests (Oxford University Press, New York 1996, pp 50 et 81) montre que, comparant l’Église Catholique à d’autres dénominations religieuses aux États-Unis, on se rend compte que les abus sur mineurs ont été plus nombreux dans ces derniers cas. Les mêmes données montrent que, contrairement à ce qu’une certaine presse a voulu faire croire, le comportement pédophile n’est point lié à la discipline du célibat. Le nombre de maîtres de gymnastique ou entraîneurs d’équipes de jeunes condamnés pour abus sexuel sur mineurs aux États-Unis dans l’intervalle de 50 ans est d’environ 6.000 (Michael Dobie, « Violation of Trust ; When Young Athletes Are Sex-Abuse Victims, Their Coaches Are Often Culprits » Newsday, 9 juin 2002, p. C25). Selon le Rapport Shakeshaft, demandé par le Ministère de l’Éducation des États-Unis et publié en 2004, le taux est de 6,7% des élèves des écoles élémentaires publiques américaines qui déclarent avoir été molestés par leurs maîtres ou par le personnel non enseignant (cf. Shakeshaft, Educator Sexuel Misconduct. A synthesis of Existing Literature, U.S. Department of Education, Office of the Under Secretary, Washington D.C. 2004, p. 20). Le même rapport révèle qu’aux États-Unis, 2/3 des abus sexuels sur mineurs viennent du cercle étroit de la famille ou de proches et non de personnes étrangères. Le phénomène est donc social et global, mais à côté de toute l’évidence des faits, on assiste à un acharnement médiatique contre l’Église et le Pape, un acharnement qui a moins pour souci la défense de la cause des victimes que le désir sournois de ternir l’image de l’Église et, par là même, saper son autorité morale. Face à cette crise qui a pris des allures de tempête, le Pape a eu l’humilité et le courage de prendre sur lui l’opprobre et les humiliations dues aux péchés commis par d’autres et de demander pardon à Dieu et aux personnes victimes. Il ne s’est pas dérobé à un tel devoir et, au lieu d’accuser les journalistes d’accomplir une œuvre d’acharnement médiatique contre sa personne et l’Église Catholique, il a privilégié les excuses et les rencontres avec les victimes, appelant à l’occasion toute l’Église à une véritable conversion. Au cours d’un petit échange avec les journalistes dans l’avion qui le portait au Portugal le 11 mai 2010, il a donné la clé de lecture pour comprendre le drame que représente le péché de la pédophilie. Il y fait comprendre en effet que la plus grande persécution et la plus grande souffrance que vit l’Église – y compris le Pape −, dans les circonstances actuelles, ont ceci de nouveau qu’elles « ne viennent pas seulement de l’extérieur » mais surtout « de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église ». En sa qualité de disciple du Seigneur, il a demandé à tous de s’engager avant tout dans la purification et la pénitence, et en tant que Successeur de Pierre, il s’est mis lui-même au-devant de ses fidèles et s’est chargé, en premier lieu, de la croix. En plus des excuses, des rencontres, l’Église, sous la direction de Benoit XVI, a pris de lourdes décisions auxquelles nous consacrerons prochainement un article détaillé. Il est évident que les directives claires et pressantes qui, depuis longtemps déjà, ont été données par le Saint-Siège, et pour la plupart sous l’impulsion de Benoît XVI lui-même alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, confirment toute la détermination de l’Église à faire œuvre de vérité. Intransigeant vis-à-vis de toute immondice, le Pape Benoît XVI s’est battu erga omnes pour la transparence et pour ne pas taire des situations crapuleuses. De lui, l’Église a appris à ne pas avoir peur de la vérité, même si elle est douloureuse et odieuse. Jamais, le péché de la pédophilie n’a été renié par l’Église. Jamais, il n’a été tu ou couvert par la haute hiérarchie de l’Église. Il a été géré avec une délicatesse que certaines personnes n’ont pas comprise ou ne veulent pas partager. Il s’agit ici d’une libre opinion que l’on se doit de respecter mais cette circonstance ne saurait justifier des stratégies de discrédit généralisé ou de destruction de l’Église. Mais, dans le sens des mesures énergiques qu’il était indispensable de prendre, l’Église procéda, en juillet 2010, à une profonde réforme, dans le sens de l’endurcissement, de ses « Normae de Gravioribus Delictis » (« Normes sur les délits les plus graves ») et les publia de façon claire et nette. Ces nouvelles normes qui furent reprises dans les principaux médias du monde, fluidifient mieux le traitement des cas d’accusations de pédophilie et permettent entre autres sanctions le retour du prêtre à l’état de laïc par son renvoi du clergé par décision directe du Pape, etc. Ce qui est impressionnant dans la stratégie de gestion et du solutionnement de ces affaires par le Vatican, c’est l’association de toutes les dimensions de la guérison de ce crime. Et c’est sans doute dans cette philosophie que se joue toute l’incompréhension entre l’Église et ceux qui l’accusent de camoufler la pédocriminalité de certains prêtres. Pour les tenants de cette position, seule la punition par voie de justice civile et l’indemnisation des victimes constituent une solution au problème. Pour l’Église par contre, une personne qui abuse de personnes mineures, commet certes un péché terrifiant mais aussi, se rend coupable d’un crime odieux et répugnant, et, de ce fait, a concomitamment besoin de la justice, de soins et de la grâce. La justice, les soins et la grâce sont tous les trois nécessaires. La peine infligée pour ce délit ne guérit pas automatiquement et ne donne pas le pardon, tout comme, à l’inverse, le pardon du péché ne guérit pas automatiquement la maladie ni ne remplace la nécessité de la justice, tout comme les soins ne remplacent pas la peine, et encore moins, ne peuvent absoudre le péché.
L’action diplomatique
Enfin, sur le plan diplomatique, on a prédit qu’à s’en tenir à l’idée qu’on s’est faite du Cardinal Ratzinger, le Pape Benoit XVI serait un homme fermé et incapable de réussir les compromis utiles au maintien de la puissance diplomatique du Vatican et au développement global du dialogue interreligieux. Voilà pourquoi de nombreuses personnes affirmaient souhaiter un Pape rénovateur et peut-être « libéral » plutôt qu’un conservateur de la plus dure espèce. Nous-mêmes, dans un article du 24 mai 2010 consacré aux scandales pédophiles dans l’Église Catholique (in quotidien national Le Pays), après le rappel des critiques essuyées par le Pape au sujet du discours de Ratisbonne où on lui reprochait un manque de tact diplomatique, nous avons avoué que Benoit XVI ne serait pas le Pape le plus diplomate de l’histoire de l’Église. Nous le disions en pensant à son prédécesseur qui, en matière de diplomatie, a mis la barre assez haut. Mais, en 6 ans, le bilan diplomatique du pontificat de Benoit XVI est digne d’éloges. La quasi-totalité des zones géographiques à enjeux politique, économique, socio-culturel et surtout religieux de notre planète a connu la visite du Pape. On ne va pas y recenser les Corées, la Chine, le Vietnam ou le Darfour, mais il est important de noter que le Pape a effectué des déplacements et prononcé des discours dont l’analyse fait ressortir la perspicacité de sa vision du monde et sa puissance diplomatique. Ainsi, en allant à Istanbul en fin novembre 2006, il a affirmé l’importance du dialogue islamo-chrétien et posé des actes d’un engagement indéniable en la matière. En visitant Israël en mai 2009 et en recevant à plusieurs reprises de nombreux Rabbins, il a rendu à la religion juive l’hommage d’un Pape ouvert dont les origines n’ont jamais constitué un obstacle au dialogue entre le Vatican et le peuple juif. En se rendant à Chypre, l’île divisée, sur les traces de l’Apôtre Paul, il a rencontré comme à plusieurs reprises au préalable dont à Istanbul, les Patriarches de l’Église Orthodoxe. Et tout récemment sa visite en Grande Bretagne qui fut très médiatisée a permis la rencontre la plus avancée de l’histoire des relations entre Catholicisme et Anglicanisme. Lors de sa visite en Australie et aux États-Unis, deux pays fortement secoués par les scandales pédophiles, il a montré la force de son courage et à travers ses rencontres avec les victimes, il a obtenu pour l’Église le pardon des uns et l’expression sincère et réelle de la douleur profonde des autres. À travers ses discours, il a apaisé des cœurs, rassemblé des foules énormes, exprimé la désapprobation de l’Église et condamné les égoïsmes des fortunés de la terre. Dans ce sens, une preuve irréfutable de sa force diplomatique a trouvé son expression dans la crise des Roms et Gens de voyage en France. Alors que ces populations essuyaient le mépris des autorités politiques françaises, le Pape, au cours d’un angélus dominé par la langue italienne, a expressément prononcé en français, des paroles de condamnations de l’opulence des nantis et du mépris des pauvres. Il s’en est suivi des échanges vifs entre les hommes politiques français et les autorités locales de l’Église qui ont assuré le relai du Vatican. Tout cela s’est soldé par une demande d’audience du Président Nicolas Sarkozy au Vatican où la presse a reconnu qu’il est allé demander l’absolution et redorer son blason. Depuis cette visite, le sujet a été mis en berne favorisé également par les remontrances de l’Union Européenne. Finalement, au grand désarroi de ses détracteurs au nombre desquels nous pouvons citer Hans Küng, Benoit XVI, en dépit de son calme et fort de son humilité, est un Pape qui aura apporté une contribution considérable à la longue tradition diplomatique du Vatican. Cette humilité est un atout pour Benoit XVI qui en tire certainement l’essentiel de son autre passion : l’enseignement.
L’enseignement comme mission d’éducation des fidèles
L’immensité de la tâche n’a pas empêché le Pape de poursuivre son ministère d’enseignement. Trois encycliques retiennent l’attention et donnent le message des priorités du Pape dans l’exercice de son pontificat. La première, publiée le 25 décembre 2005 et intitulée « Deus Caritas est », propose une liaison des deux formes d’amour, l’eros et l’agapè, la première étant l’amour naturel entre l’homme et la femme et la seconde, le don de soi désintéressé fondé sur la foi. Cet écrit montre comment Jésus est l’Amour incarné de Dieu. Le 30 septembre 2007, la seconde, Spe salvi, présente le Christ comme la source d’espérance fondamentale dans le Salut. Cette encyclique aborde la question de la souffrance, celle des fins dernières, du jugement de Dieu « qui est espérance, aussi bien parce qu’il est juste que parce qu’il est grâce ». La troisième encyclique de Benoît XVI publiée le 29 juin 2009 s’intitule Caritas in veritate. Dans une mise à jour des encycliques Populorum progressio de Paul VI et de Centesimus annus de Jean-Paul II, au regard de l’évolution globale du monde et des situations nouvelles, Benoît XVI y aborde les thèmes sociaux, préconisant que le développement économique soit guidé par trois lignes directrices que sont : la responsabilité, la solidarité et la subsidiarité.
D’autres écrits importants ont retenu aussi l’attention des lecteurs au cours de ce pontificat. On peut citer L’essence de la foi (2006), Les apôtres et les premiers disciples du Christ : aux origines de l’Église (2007). Mais, un des plus édifiants est sans doute Jésus de Nazareth, paru également en 2007 et qui appelle à une relation personnelle avec le Jésus Fils de Dieu. Cet ouvrage qui a enregistré plus de deux millions d’exemplaires vendus, consacre une longue méditation sur les grandes scènes de la vie de Jésus depuis le baptême jusqu’à la Transfiguration, le dernier chapitre récapitulant les affirmations de Jésus sur lui-même, Fils de Dieu. Ce tome, qui n’était que le premier d’un binôme, a été récemment complété par un deuxième du même titre, Jésus de Nazareth, paru en 2011. Ce deuxième tome prolonge la réflexion du premier en reprenant la méditation sur la vie de Jésus de l’entrée à Jérusalem à la Résurrection.
En conclusion, on note qu’à l’évidence, l’Église est en train de vivre une expérience fort judicieuse avec ce Pape précédé et accueilli par une réputation d’incorrigible renfermé qui s’avère de jour en jour comme un grand Pasteur de l’Église catholique, auquel le Christ a confié la charge de confirmer ses frères et fils dans la foi. Il est un Pape qui s’avère aussi comme un éminent diplomate doublé d’un intellectuel qui accepte la controverse et sait faire des concessions mais jamais au mépris de la liberté et de la Tradition de la foi. En tout, ce qui l’importe est la fidélité à l’Évangile.
Osée Gaétan Possy-Berry QUENUM, Fidèle Catholique et Ancien séminariste
Email : qosee@yahoo.fr Juin 2011