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mercoledì 27 febbraio 2013

Nos prières vous accompagnent, Papa



Hommage à Benoit XVI
Après cette dernière grande audience de l' incontournable pilier de la pensée chrétienne contemporaine, ce qui m'a envahi n'est rien d'autre qu'un silence songeur suivi d'un Hummmmmm..... à n'en pas finir…
Grand merci Benoit XVI pour ce témoignage qui restera à jamais vivant dans les cœurs qui t'ont toujours considéré comme "l'humble serviteur" qui oriente vers l"'Unique Nécessaire".
Sainteté, je suis rassuré d'une chose: vous ne nous oublierez jamais dans vos prières. Soyez à votre tour rassuré des nôtres. Merci pour l’espérance que vous laissez à l’Eglise.
Bye ! Bye ! Dieu vous bénisse !
Papa!
Nos prières vous accompagnent…
Merci pour la joie et l'espérance semées en nous!

       Puissent-elles porter d'abondantes grâces...



martedì 12 febbraio 2013

Quelle leçon de vie pour les fils de ce monde



Quelle leçon de vie pour les fils de ce monde !


Depuis ce 11 février 2013, l’annonce de la prochaine démission de Benoît XVI prévue pour le 28 février 2013 à 20h00 ne cesse de couler de l’ancre.
Quelle leçon de vie pour les super hommes ! Le Pape qui ne cesse de surprendre les gens, vient une fois de plus de nous donner une belle leçon d’humilité. Le silence, la méditation et la prière assidue en sont le ciment. Et le Saint Esprit qui est certainement à l’œuvre, est entrain de préparer quelque chose de grandiose pour l’Eglise et le monde entier.
Devant cet acte, je ne suis que plein d’admiration pour la grandeur d’âme qui  a conduit cet incontournable pilier de la pensée contemporaine à opérer ce choix honnête pour le bien de l’Eglise.
Nombre de personnes et plus particulièrement le milliard et 200 millions de fidèles auraient aimé que ce géant issu de la pensée chrétienne qui a su faire des choix (parfois difficiles ) pour le bien de l’Eglise, reste encore aussi longtemps que possible.
Disons merci à Dieu pour le don précieux à l’Eglise qu’est ce Pape. Prions pour que le Pasteur des pasteurs trouve un autre humble et fidèle serviteur pour continuer à proposer son message salvateur aux hommes de ce temps.

giovedì 3 gennaio 2013

La paix par un nouveau modèle de développement et d’économie




La paix par un nouveau modèle de développement et d’économie
En ce début d’année 2013, je propose à votre méditation, ce que je considère être l’essentiel pour tout homme de bonne volonté et pour le chrétien en particulier, appelé chaque jour à rendre compte de sa vie de chrétien dans un monde en perpétuelle quête de « bonheur ». Au fond, c’est le souhait d’une bonne et heureuse année 2013 que j' adresse personnellement à vous ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers, en empruntant les paroles-mêmes de sa Sainteté le Pape Benoit XVI à l’occasion de la journée mondiale de la paix célébrée le 1er Janvier de chaque année. Ce message ci-dessous est pour l’année en cours. Je vous le livre dans son intégralité :


« Une unique famille humaine »
1. Chaque année nouvelle porte en elle l’attente d’un monde meilleur. Dans cette perspective, fondée sur la foi, je prie Dieu, Père de l’humanité, de nous donner la concorde et la paix afin que puissent se réaliser pour tous les aspirations à une vie heureuse et prospère.
À 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l’Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens – peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes – s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses[1], annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous.
Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme.
Les foyers de tension et d’opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d’une mentalité égoïste et individualiste qui s’exprime également au travers d’un capitalisme financier sans régulation, nous inquiètent. En plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité internationales, les fondamentalismes et les fanatismes qui défigurent la vraie nature de la religion, appelée qu’elle est à favoriser la communion et la réconciliation entre les hommes sont autant de dangers pour la paix.
Et pourtant les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l’humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d’une certaine façon, avec le désir d’une vie humaine pleine, heureuse et accomplie. En d’autres termes, le désir de paix correspond à un principe moral fondamental, c’est-à-dire au développement intégral, social, communautaire, entendu comme un droit et un devoir, et cela fait partie du dessein de Dieu sur l’homme. L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu.
Tout ce qui précède m’a conduit à m’inspirer, pour ce Message, des paroles de Jésus-Christ : « Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).

La béatitude évangélique

2. Les béatitudes, proclamées par Jésus (cf. Mt 5,3-12 et Lc 6,20-23), sont autant de promesses. Dans la tradition biblique en effet, le genre littéraire correspondant à la béatitude porte toujours en lui-même une bonne nouvelle, c’est-à-dire un évangile, qui culmine en une promesse. Les béatitudes ne sont donc pas seulement des recommandations morales dont l’observance prévoit, au temps prescrit – temps généralement situé dans l’autre vie –, une récompense, c’est-à-dire une situation de bonheur à venir. La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Eh bien, Jésus leur déclare qu’ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l’autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d’eux. Ils comprendront qu’ils ne sont pas seuls parce qu’Il est du côté de ceux qui s’engagent en faveur de la vérité, de la justice et de l’amour. Jésus, révélation de l’amour du Père, n’hésite pas à s’offrir lui-même en sacrifice. Quand on accueille Jésus-Christ, Homme-Dieu, on vit la joyeuse expérience d’un don immense : le partage de la vie même de Dieu, ou encore la vie de la grâce, prémisse d’une existence pleinement heureuse. Jésus-Christ nous donne en particulier la paix véritable qui naît de la rencontre confi ante de l’homme avec Dieu.
La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine. En effet, la paix présuppose un humanisme ouvert à la transcendance. Il est fruit du don réciproque, d’un enrichissement mutuel, grâce au don qui jaillit de Dieu et permet de vivre avec les autres et pour les autres. L’éthique de la paix est une éthique de la communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et pragmatiques, au nom desquels les relations de cohabitation sont inspirés par des critères de pouvoir ou de profit, où les moyens deviennent des fins et vice-versa, où la culture et l’éducation sont seulement centrées sur les instruments, sur la technique et sur l’efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11).

La paix : don de Dieu et œuvre de l’homme

3. La paix concerne l’intégrité de la personne humaine et appelle l’implication de tout l’homme. C’est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C’est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Elle comporte principalement, comme l’a écrit le bienheureux Jean XXIII dans l’encyclique Pacem in Terrisdont nous commémorerons dans quelques mois le cinquantième anniversaire, la construction d’un vivre-ensemble fondé sur la vérité, sur la liberté, sur l’amour et sur la justice[2]. La négation de ce qu’est la véritable nature de l’être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l’homme, inscrite en son cœur par le Créateur, la liberté et l’amour s’avilissent, la justice perd le fondement de son exercice.
Pour devenir d’authentiques artisans de paix, l’attention à la dimension transcendante est fondamentale comme l’est le dialogue constant avec Dieu, Père miséricordieux, dialogue dans lequel on implore la rédemption que nous a obtenue son Fils Unique. Ainsi l’homme peut vaincre ce germe d’affaiblissement et de négation de la paix qu’est le péché en toutes ses formes : égoïsme et violence, avidité et volonté de puissance et de domination, intolérance, haine et structures injustes.
La réalisation de la paix dépend avant tout de la reconnaissance d’être, en Dieu, une unique famille humaine. Celle-ci se structure, comme l’a enseigné l’Encyclique Pacem in Terris, à travers des relations interpersonnelles et des institutions soutenues et animées par un « nous » communautaire, impliquant un ordre moral, interne et externe, où sont sincèrement reconnus, selon la vérité et la justice, les droits réciproques et les devoirs correspondants. La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour ; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d’autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes[3].
La paix n’est pas un rêve, ce n’est pas une utopie : elle est possible. Nos yeux doivent regarder plus profondément, sous la surface des apparences et des phénomènes, pour distinguer une réalité positive qui existe dans les cœurs parce que tout homme est créé à l’image de Dieu, et appelé à grandir, contribuant à l’édification d’un monde nouveau. Dieu lui-même en effet, par l’incarnation de son Fils et la rédemption qu’il réalise, est entré dans l’histoire, suscitant une nouvelle création et une nouvelle alliance entre Dieu et l’homme (cf. Jer 31,31-34), nous donnant la possibilité d’avoir « un cœur nouveau » et « un esprit nouveau » (cf. Ez 36,26).
C’est justement pourquoi l’Église est convaincue qu’existe l’urgence d’une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation (cf. Ep 2,14 ; 2 Cor 5,18). L’artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain.
De cet enseignement, on peut déduire que toute personne, toute communauté – religieuse, civile, éducative et culturelle –, est appelée à être artisan de paix. La paix est principalement réalisation du bien commun des différentes sociétés, qu’elles soient primaires ou intermédiaires, nationales, internationales ou mondiale. C’est justement pourquoi on peut dire que les voies de réalisation du bien commun sont aussi celles qu’il importe de parcourir pour obtenir la paix. Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans son intégralité
4. Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie.
Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ?
Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie. La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.
C’est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix.
Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l’histoire, il devient de plus en plus important qu’un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face à – par exemple des obligations ou des restrictions relatives à la liberté de choisir sa propre religion –, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de : par exemple de témoigner de sa propre religion, d’annoncer et de communiquer ses enseignements ; d’accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d’assistance qui permettent d’appliquer les préceptes religieux ; d’exister et d’agir en tant qu’organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d’intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.
L’artisan de paix doit aussi avoir conscience que de plus en plus de secteurs de l’opinion publique sont touchés par les idéologies du libéralisme radical et de la technocratie qui leur instillent la conviction selon laquelle la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l’érosion de la fonction sociale de l’État et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Or, il faut considérer que ces droits et devoirs sont fondamentaux pour la pleine réalisation des autres, à commencer par les droits et les devoirs civiques et politiques.
Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à « se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous »[4]. La réalisation de cet objectif ambitieux a pour condition une appréhension renouvelée du travail, fondée sur des principes éthiques et des valeurs spirituelles de nature à renforcer sa conception en tant que bien fondamental pour la personne, la famille, la société. À ce bien correspondent un devoir et un droit qui exigent des politiques courageuses et novatrices en faveur du travail pour tous.

Construire le bien de la paix par un nouveau modèle de développement et d’économie

5. De plusieurs côtés, il est reconnu qu’aujourd’hui un nouveau modèle de développement comme aussi un nouveau regard sur l’économie s’avèrent nécessaires. Aussi bien le développement intégral, solidaire et durable, que le bien commun, exigent une échelle correcte de “biens-valeurs”, qu’il est possible de structurer en ayant Dieu comme référence ultime. Il ne suffit pas d’avoir à disposition de nombreux moyens et de nombreuses opportunités de choix, même appréciables. Autant les multiples biens efficaces pour le développement, que les opportunités de choix doivent être utilisés dans la perspective d’une vie bonne, d’une conduite droite qui reconnaisse le primat de la dimension spirituelle et l’appel à la réalisation du bien commun. Dans le cas contraire, ils perdent leur juste valeur, finissant par s’ériger en nouvelles idoles.
Pour sortir de la crise financière et économique actuelle – qui a pour effet une croissance des inégalités – il faut des personnes, des groupes, des institutions qui promeuvent la vie en favorisant la créativité humaine pour tirer, même de la crise, l’occasion d’un discernement et d’un nouveau modèle économique. Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s’obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d’initiative, parce que le développement économique vivable, c’est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don[5].
Concrètement, dans l’activité économique, l’artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité. Il exerce l’activité économique pour le bien commun, vit son engagement comme quelque chose qui va au-delà de son intérêt propre, au bénéfice des générations présentes et futures. Et ainsi, il travaille non seulement pour lui, mais aussi pour donner aux autres un avenir et un travail décent.
Dans le domaine économique, il est demandé, spécialement de la part des États, des politiques de développement industriel et agricole qui aient le souci du progrès social et de l’universalisation d’un État de droit, démocratique. Ensuite, la structuration éthique des marchés monétaires, financiers et commerciaux est fondamentale et incontournable ; ceux-ci seront stabilisés et le plus possible coordonnés et contrôlés, de façon à ne pas nuire aux plus pauvres. La sollicitude des nombreux artisans de paix doit en outre se mettre – avec plus de résolution par rapport à ce qui s’est fait jusqu’à aujourd’hui – à considérer la crise alimentaire, bien plus grave que la crise financière. Le thème de la sécurité des approvisionnements alimentaires en est venu à être central dans l’agenda politique international, à cause de crises connexes, entre autre, aux fluctuations soudaines des prix des matières premières agricoles, aux comportements irresponsables de certains agents économiques et à un contrôle insuffisant de la part des gouvernements et de la communauté internationale. Pour faire face à cette crise, les artisans de paix sont appelés à œuvrer ensemble en esprit de solidarité, du niveau local au niveau international, avec pour objectif de mettre les agriculteurs, en particulier dans les petites réalités rurales, en condition de pouvoir exercer leur activité de façon digne et durable, d’un point de vue social, environnemental et économique.

Éducation pour une culture de paix : le rôle de la famille et des institutions

6. Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l’engagement en faveur d’une éducation sociale valable.
Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de la vie et de l’amour[6].
Dans cette immense tache de l’éducation à la paix, les communautés religieuses sont particulièrement impliquées. L’Église se sent partie-prenante d’une si grande responsabilité à travers la nouvelle évangélisation, qui a comme pivot la conversion à la vérité et à l’amour du Christ, et, par conséquent, la renaissance spirituelle et morale des personnes et des sociétés. La rencontre avec Jésus Christ façonne les artisans de paix en les engageant à la communion et au dépassement de l’injustice.
Une mission spéciale concernant la paix est remplie par les institutions culturelles scolaires et universitaires. Il leur est demandé une contribution importante non seulement à la formation de nouvelles générations de leader, mais aussi au renouvellement des institutions publiques, nationales et internationales. Elles peuvent aussi contribuer à une réflexion scientifique qui enracine les activités économiques et financières dans un solide fondement anthropologique et éthique. Le monde actuel, particulièrement le monde politique, a besoin du support d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix.

Une pédagogie de l’artisan de paix

7. En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L’encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu’une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants (cf. Mt 5, 21-48).
C’est un travail de longue haleine, parce qu’il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l’histoire humaine. Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance.
Jésus incarne l’ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu’au don total de lui-même, jusqu’à « perdre sa vie » (cf. Mt 10,39 ; Lc 17,33 ; Jn 12,25). Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l’offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu’il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu’il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l’amour mutuel, user de compréhension à l’égard d’autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée[8].
Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l’homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix.

Du Vatican, le 8 décembre 2012.

[1] Cf. CONC. ŒCUM. VAT. II, Const. past. sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 1.
[2]Cf. Lettre enc. Pacem in terris(11 avril 1963) : AAS 55 (1963), 265-266.
[3]Cf. ibid. : AAS 55 (1963), 266.
[4]BENOÎT XVI, Lettre enc. Caritas in veritate(29 juin 2009), n. 32 : AAS 101 (2009), 666-667.
[5]Cf. ibid., n. 34 et 36 : AAS 101 (2009), 668-670 et 671-672.
[6]Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 1994(8 décembre 1993) : AAS 86 (1994), 156-162.
[7]Benoît XVI, Discours aux membres du Gouvernement, aux institutions de la République, au corps diplomatique, aux chefs religieux et aux représentants du monde de la culture, Baabda-Liban (15 septembre 2012) : L’Osservatore romano, édition française n. 3.253 (20 septembre 2012), p. 7.
[8]Cf. Lettre enc. Pacem in terris(11 avril 1963) : AAS 55 (1963), 304.


domenica 9 dicembre 2012

L’Eglise à l’heure des medias


L’Eglise à l’heure des medias


Si le nombre de followers était un critère suffisant pour remporter le trophée du pari, celui enrégistré par Benoit XVI en arrivant sur le réseau social "Twitter" serait des plus exceptionnels. Trois jours après son ouverture, le compte twitter du Pape avait déjà enrégistré 700000 followers et depuis lors les tweets ne cessent de se multiplier.
Pour le Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, le Pape a accompli un geste original dans l'histoire de l'Eglise en utilisant les opportumités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Selon Mgr. Celli, l'accès à ce monde de la communication électronique ne vise pas à trouver au Pape une "équipe d'admirateurs", mais veut seulement rejoindre le maximum de personnes qui par leur travail, leur dévouement et leur engagement, sont à la recherche du Dieu vrai et véritable. Ces hommes et ces femmes, continuellement, de diverses manières et sur différents fronts manifestent leur soif et leur quête de Dieu. Le Pape se propose d'être avec eux sur ce long et difficile chemin à parcourir mais qui donne un sens à leur vie. En rappel, le Pape twittera pour la première fois mercredi 12 décembre 2012, lors de l'audience générale.
C’est dans ce même sens que le 5 Décembre passé, Mgr. Claudio Maria Celli a annoncé le lancement d’une nouvelle « appli» gratuite pour smartphones d’ici à la fin de l’année, dénommée « The Pope ». Cette « appli » permettra à tous ceux qui disposent d’un iphone ou d’un ipad de suivre en temps réel les discours et les homélies de Benoît XVI grâce à plusieurs Webcams, et de se connecter à différents sites et services du Saint-Siège, à Radio Vatican et à www.va.news le site d’information du vatican.
Le Pape se veut de plus en plus proche, alors soyons de ceux qui l’aideront à diffuser le message de paix dont il est le Messager et le Grand Défenseur.

mercoledì 18 luglio 2012

Septième Anniversaire du Pontificat de Benoît XVI célébré au Burkina Faso



Septième Anniversaire du Pontificat de Benoît XVI célébré au Burkina Faso


A l’occasion du septième anniversaire du Pontificat de Benoît XVI, Son Excellence Monseigneur Vito RALLO, Nonce Apostolique au Burkina Faso, a célébré le 1er Juillet 2012 à la Cathédrale de Ouagadougou une messe d’Action de Grâce, au cours de laquelle il a prononcé cette homélie que je vous propose en intégralité.




Soaala zînd ne yâmba…
1- Chers Frères et Sœurs, c’est encore un motif de joie profonde pour moi de présider, pour la cinquième fois, cette célébration eucharistique au cours de laquelle nous prions pour le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, en cette année où il a célébré, il y a quelques semaines, son quatre vingt cinquième anniversaire de naissance et les sept années de son pontificat.
En cette circonstance,
- Je salue très cordialement Son Excellence Mgr Philippe OUÉDRAOGO, Archevêque Métropolitain de Ouagadougou, Son Excellence Mgr Séraphin F. ROUAMBA, Archevêque Métropolitain de Koupéla et Président de la Conférence Épiscopale du Burkina-Niger, ainsi que mes Confrères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce ici présents, et je remercie chacun pour sa présence, sa communion et ses prières aux intentions du Saint-Père.
- Je salue également Son Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Son Excellence le Dr Jean-Baptiste OUÉDRAOGO, Ancien Chef d’État.
- Je salue aussi Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institutions, Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Membres du Corps Diplomatique, Mesdames et Messieurs les Représentants Permanents des Organisations Internationales et Interafricaines, les Honorables Membres du Corps Consulaire, Monsieur le Maire de la Ville de Ouagadougou, Le Kamb Naaba, Représentant de Sa Majesté le Mogho Naaba, je salue également Mesdames et Messieurs les Autorités administratives, politiques, militaires, religieuses et coutumières, les Représentants des Communautés évangéliques issues de la Réforme, les Représentants de l’Islam, les Représentants de les Religions traditionnelles.
- Je salue enfin les Religieux, les Religieuses et vous tous fidèles chrétiens venus nombreux ainsi que tous ceux qui nous écoutent à travers Radio et Télé Ave Maria, vous tous qui manifestez de l’intérêt, de l’estime et de l’affection pour la personne et l’œuvre du Saint-Père qui, pour nous catholiques, est le Successeur de l’Apôtre Pierre et le Vicaire du Christ. Soyez-en infiniment remerciés et recevez par ma voix l’expression de sa cordiale reconnaissance.
2- Après 7 ans de pontificat, on peut dire que Benoît XVI se révèle comme un homme de dialogue, un dialogue qu’il conduit avec une grande et profonde humilité qui ne cède cependant pas à l’exigence de la sincère et cohérente recherche de la vérité qui est une constante de sa vie comme l’avait si bien annoncé sa devise épiscopale : « Cooperatores veritatis » (Coopérateurs de la vérité). Cette devise montre en effet toute l’importance qu’il accorde à la recherche de la Vérité, d’abord comme théologien ensuite comme Cardinal Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et depuis 2005 comme Pape, Servus Servorum Dei, c’est-à-dire, Serviteur des Serviteurs de Dieu.
Cet esprit de dialogue apparaît d’abord sur le plan magistériel où, avec trois encycliques, de nombreuses exhortations apostoliques et interventions diverses, il rejoint l’humanité avec lucidité sur des questions très actuelles, dans les domaines de la théologie, de l’anthropologie, de l’éthique et des questions socioéconomiques, dans ce souci d’éclairer et d’inviter à un dialogue fécond.
Cet esprit de dialogue il l’a incarné également dans les nombreux voyages qui l’ont conduit, malgré son âge, avec son bâton de pèlerin et de pasteur, dans de nombreux pays. Ces voyages sont essentiellement marqués par des rencontres avec des hommes de toute culture, de toute condition et de toute appartenance religieuse, rencontres au cours desquelles il ne cesse d’appeler l’Église à la conversion, et tous les hommes et les peuples à la fraternité, à la convivialité, à la justice et au respect des droits humains, et surtout et avant tout, il ne cesse d’annoncer l’Évangile de Jésus-Christ, Unique Sauveur de l’humanité. En cela il joue pleinement son rôle de Pontife car il essaie de jeter des ponts, les ponts du dialogue entre les peuples et les religions autour de l’exigence de la défense du bien commun et de la recherche de la vérité. C’est en fait cette vision que le Saint-Père donnait à son ministère dans une allocution préparée pour l’inauguration de l’année académique à l’Université La Sapienza de Rome mais qu’il n’a pas pu prononcer. Il disait en effet qu’« Au-delà de son ministère de Pasteur dans l’Église et en raison de la nature intrinsèque de ce ministère pastoral, il est de son devoir de maintenir vive la sensibilité pour la vérité ; d’inviter toujours à nouveau la raison à se mettre à la recherche du vrai, du bien, de Dieu et, sur ce chemin, de la pousser à découvrir les lumières utiles apparues au fil de l’histoire de la foi chrétienne et à percevoir ainsi Jésus Christ comme la lumière qui éclaire l’histoire et aide à trouver le chemin vers l’avenir » (Allocution préparée pour l’inauguration de l’année académique à l’Université La Sapienza de Rome, 17 janvier 2008).
3- Mais au-delà de cette attitude de dialogue empreinte d’humilité qui caractérise son pontificat, je voudrais relever un des aspects de sa pensée qui rejoint d’ailleurs, de manière providentielle, les textes de la liturgie de ce treizième Dimanche du Temps Ordinaire qui nous invitent à une réflexion sur la vie et sur l’espérance en une vie impérissable. Et pour cela, je m’inspire essentiellement de son homélie, prononcée à l’occasion de son quatre vingt cinquième anniversaire, qui offre en synthèse sa vision de la condition humaine et de la destinée de l’homme.
Dans cette homélie, le Saint-Père ne manque pas de s’interroger sur le mystère de la vie qui est un don mais qui pourrait ne pas être perçue comme telle en raison des nombreuses menaces qui planent sur elle : « Il n’est pas évident, écrit-il, que la vie de l’homme soit un don en soi. (Peut-elle vraiment être un beau don ?) Savons-nous ce qui pèse sur l’homme à cette époque sombre qui s’ouvre à lui – (également à l’époque plus lumineuse qui pourra venir ?) Pouvons-nous prévoir quelles difficultés, quels événements terribles il affrontera ? (Est-il juste de donner la vie ainsi, simplement ? Cela est-il responsable ou trop incertain ?) Il s’agit d’un don problématique, s’il reste tel quel. La vie biologique en soi est un don, et pourtant elle est entourée par une profonde question ».
La vie humaine est une réalité belle et exaltante, mais elle se heurte constamment à sa propre fragilité, à sa propre finitude et en fin de compte à la mort. Cette fragilité et cette précarité nous sont illustrées dans l’Évangile par la situation de la jeune fille, sous les étreintes de la mort, et celle de la femme en proie à une maladie contre laquelle elle a épuisé toutes ses économies et toute solution humaine : « Elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire la situation avait plutôt empiré » (Mc 5,26).
Au cœur de cette épreuve, les deux femmes font l’expérience du Christ comme Celui qui donne la vie et la donne en abondance. Il est découvert comme Celui qui est la réponse aux questions les plus vitales et aux aspirations les plus profondes du cœur de l’homme : sa soif de vivre et de vivre toujours.
Mais au fond, la situation de cette jeune fille et de cette femme sont l’expression de la condition de l’humanité. Elles représentent chacun de nous, dans notre soif de vivre et de nous en sortir dans cette vie, hélas, marquée par la souffrance, les épreuves, la maladie et la mort.
De nos jours en effet, les maladies sont nombreuses dont souffrent des milliers d’hommes et de femmes. Mais au-delà de ces maladies physiques, il y a aussi d’autres maladies moins perceptibles, mais non moins virulentes et destructrices. Il s’agit des maladies de l’âme et de l’esprit qui rongent et détruisent notre monde intérieur et entraînent inexorablement vers la mort.
Parmi ces nombreuses maladies, il y a surtout la fermeture du cœur à l’exigence de la recherche et de l’accueil de la vérité, fruit d’un réductionnisme anthropologique caractéristique de la culture contemporaine. C’est ce que le Saint-Père appelle le relativisme qui peut être éthique, philosophique ou religieux. Tout justement, Benoît XVI, dans l’homélie déjà citée, voit notre monde actuel comme un monde « essoufflé », presqu’à toute extrémité comme la jeune fille dans l’Évangile. Il s’agit d’un monde essoufflé « dans lequel se fait sentir la nécessité de l’eau, de l’eau pure ». Cette eau pure dont le manque caractérise la situation actuelle de l’humanité, pour le Saint-Père, est l’expression imagée de la vérité : la vérité sur l’homme et sur son destin qui doit structurer et déterminer sa relation avec les autres, sa relation avec le monde et sa relation avec son environnement. De fait, les plus graves dérives de l’histoire humaine proviennent toujours d’une vision tronquée et déformée de l’homme lui-même car, écrit le Saint Père, « Pour pouvoir vivre, pour pouvoir devenir purs, nous avons besoin qu’existe en nous la nostalgie de la vie pure, de la vérité non déformée, de ce qui n’est pas contaminé par la corruption, d’être des hommes sans tâche ».
Or, la vérité de l’homme, c’est Jésus Christ, le Verbe fait chair et Fils de Marie. C’est Lui qui révèle Dieu à l’homme et l’homme à lui-même et l’éclaire sur l’enjeu de sa vie et la portée sa destinée. Et de fait, à travers cette guérison accordée à l’une et le retour à la vie à l’autre, Jésus se révèle comme Celui qui peut assouvir véritablement la soif du cœur de l’homme au-delà de toute mesure, sa soif d’une vie qui ne finit pas. Autrement dit, Jésus est Celui en qui l’humanité accède pleinement à elle-même. Seule la rencontre vitale avec Lui transfigure le destin de l’homme.
4- La question du sens, et donc de la vérité, n’est pas secondaire. Or, rappelle le Saint-Père « Riche de moyens, mais pas autant de fins, l’homme de notre temps vit souvent conditionné par le réductionnisme et le relativisme, qui conduisent à perdre la signification des choses ; presque aveuglé par l’efficacité technique, il oublie l’horizon fondamental de la question du sens, privant ainsi de son importance la dimension transcendante. Sur cette toile de fonds, la pensée devient faible et fait place à un appauvrissement éthique accru, qui obscurcit les références et les normes de valeurs. » (Benoît XVI, Visite à l’Université Catholique du Sacré-Cœur, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Institution de la Faculté de Médecine et Chirurgie Agostino Gemelli, 3 mai 2012).
Au-delà de tous les succès humains, l’homme a besoin de certitudes pour vivre ; il a besoin de Dieu pour accéder à une pleine et effective conscience de lui-même. Ainsi, renchérit le Saint-Père, « Il est important, alors, que la culture redécouvre la vigueur de la signification et le dynamisme de la transcendance, en un mot, qu’elle ouvre de façon décidée l’horizon du quaerere Deum [de la recherche de Dieu] » (Benoît XVI, Visite à l’Université Catholique du Sacré-Cœur, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Institution de la Faculté de Médecine et Chirurgie Agostino Gemelli, 3 mai 2012) car, « Au-delà de nos nécessités et de nos capacités ce qui compte, l’essentiel est de connaître Dieu ». La connaissance de Dieu nourrit le cœur de l’homme, illumine son regard et lui ouvre des perspectives plus vastes et plus essentielles que ses succès temporels et ses acquis toujours partiels. Dans le Christ, la vie de l’homme devient vraiment féconde et déborde en générosité vers les autres « Car, précise encore le Saint-Père, Dieu fait tomber les frontières, Dieu seul peut éliminer les frontières car grâce à Lui nous sommes tous frères, nous faisons partie les uns des autres ; il nous montre que l’unicité de Dieu signifie, à la fois, la fraternité et la réconciliation des hommes, l’élimination des frontières qui nous unit et nous guérit ». La rencontre avec Dieu dans le Christ est porteuse d’une si radicale nouveauté, sur tous les plans, qu’il est difficile d’imaginer si on ne l’a pas vécue.
5- Ainsi, avec ses quatre vingt cinq ans bien accomplis, le Saint-Père respire cet optimisme et cette sérénité que seule donne la foi, c’est-à-dire, la relation avec Dieu : « Le jour où j’ai été baptisé (…), dit-il, c’était le Samedi Saint. On avait encore l’usage à cette époque d’anticiper la Veillée pascale dans la matinée, qui serait encore suivie par l’obscurité du Samedi Saint, sans l’Alléluia. Il me semble que ce singulier paradoxe, cette singulière anticipation de la lumière en un jour obscur, peut presque convenir comme image de l’histoire de notre époque. D’un côté, il y a encore le silence de Dieu et son absence, mais dans la Résurrection du Christ, il y a déjà l’anticipation du « oui » de Dieu, et en s’appuyant sur cette anticipation nous vivons et, à travers le silence de Dieu, nous entendons ses paroles, et à travers l’obscurité de son absence nous entrevoyons sa lumière. L’anticipation de la Résurrection à mi-chemin d’une histoire qui se développe est la force qui nous indique la route et nous aide à aller de l’avant ». Ainsi conclut-il, « Je me trouve dans la dernière partie du parcours de ma vie et je ne sais pas ce qui m’attend. Je sais, toutefois, que la lumière de Dieu est là, qu’Il est ressuscité, que sa lumière est plus forte que toute obscurité ; que la bonté de Dieu est plus forte que tous les maux de ce monde. Et cela m’aide à avancer avec assurance. Cela nous aide à aller de l’avant, et en cette heure, je remercie de tout cœur ceux qui m’ont constamment fait percevoir le « oui » de Dieu à travers leur foi ». (Homélie, Messe à l’occasion du 85ème anniversaire du Saint-Père).
6- Au regard de cet optimisme qui anime le Saint-Père, je ne saurais me dispenser de dire un mot sur les événements survenus au Vatican et qui ne cessent de défrayer la chronique.
Comme vous le savez sans doute, les mois passés, des documents réservés et confidentiels du Saint-Père ont été volés et diffusés sous la complicité de son majordome.
L’événement a été amplement relayé par la presse qui s’est livrée à toutes sortes d’affabulations qui n’ont autre but que d’offrir une image totalement déformée et dévaluée du Saint-Siège. Mais au-delà de la récupération médiatique, et contre toute déontologie, l’on oublie vite que ce comportement est une violation du droit à la confidentialité, droit reconnu et défendu aussi bien par La Déclaration Universelle des Droits de l’homme, qui fut adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 10 décembre 1948, que par la Constitution italienne. En son article 12, La Déclaration Universelle des Droits de l’homme stipule en effet : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes » (Déclaration Universelle des droits de l’homme, art. 12). La Constitution italienne en son article 5 quant à elle stipule : « La liberté, le secret (la confidentialité) de la correspondance et de toute autre forme de communication sont inviolables » (Art. 5). Au regard de ce qui est arrivé, on peut dire que ce droit reconnu à tous les hommes n’est pas reconnu au Pape et à ceux qui lui ont écrit.
Le Saint-Père s’en est trouvé profondément attristé parce que, en plus d’être une violation du droit à la confidentialité, il s’agit là d’un outrage au rapport de confiance entre le Saint-Père et des personnes qui lui ont écrit pour lui exprimer, en toute confiance, en raison de son ministère, des réflexions, des observations, des manifestations de conscience, des épanchements de cœur. Autrement dit, au-delà du droit à la confidentialité, le vol et la publication de ces documents constituent une flagrante violation, d’une extrême gravité, du droit à l’intimité et une violation des consciences des personnes qui se sont adressées au Saint-Père comme à un père et au Vicaire du Christ.
Ce vol et cette diffusion de documents réservés constituent également une transgression au serment prononcé devant Dieu de ne jamais révéler à personne ce que l’on viendrait à savoir en raison de son travail au sein du Saint-Siège.
Ces manœuvres sordides, diffusées par des médias sans éthique professionnelle, qui visent à discréditer et à affaiblir l’autorité morale du Saint-Père et de l’Église, références sans équivoque pour d’innombrables personnes et institutions dans le monde, ont certes profondément endolori le Souverain Pontife, mais elles n’ont en rien entamé sa sérénité, son courage et sa détermination dans la conduite de l’Église comme il l’exprime lui-même. « Les événements de ces derniers jours, concernant la Curie et mes collaborateurs, m’ont rendu profondément triste, dit-il, mais cela n’a jamais occulté la ferme certitude qu’en dépit de la faiblesse de l’homme, les difficultés et les épreuves, l’Église est guidée par l’Esprit Saint, et que le Seigneur ne la laissera pas sans son aide ni sans soutien sur sa route »
Aussi, je vous invite à prier pour le Saint-Père afin qu’il tienne ferme la barque de Pierre malgré toutes les tempêtes. Je vous invite aussi à prier pour la conversion de ceux qui ont trahi la confiance du Pape et pour ceux qui lui ont écrit et qui ont retrouvé leurs confidences sur la place publique. Nous sommes sûrs que le Seigneur saura tirer le bien du mal et que tout concourt au bien de ceux qu’Il aime.
7 - Malgré les épreuves qui la traversent, la vie est un don, un don de Dieu à travers lequel Lui-même veut se donner encore davantage à l’homme à travers la foi. Mais, pour le Saint-Père, la condition essentielle qui ouvre le cœur de l’homme à ce don, c’est la simplicité du cœur et l’humilité ; simplicité et humilité qu’il saisit dans la figure de la petite Bernadette Soubirous : « Cette petite sainte, écrit-il, a toujours été pour moi un signe qui m’a indiqué d’où provient l’eau vive dont nous avons besoin – l’eau qui nous purifie et nous donne la vie – et un signe de ce que nous devrions être : avec tout le savoir et toutes les capacités, qui sont pourtant nécessaires, nous ne devons pas perdre le cœur simple, le regard simple du cœur, capable de voir l’essentiel, et nous devons toujours prier le Seigneur afin que nous conservions en nous l’humilité qui permet au cœur de demeurer clairvoyant ? de voir ce qui est simple et essentiel, la beauté et la bonté de Dieu ? et de trouver ainsi la source dont provient l’eau qui donne la vie et purifie ». C’est l’attitude illustrée par le père de la fille et la femme dans l’Évangile. L’humilité nous fait prendre conscience de notre petitesse et nous ouvre à Celui qui peut combler nos attentes les plus sublimes.
Après quatre vingt cinq ans de vie, et après bien des expériences parfois douloureuses de la vie et de l’histoire humaine, Benoît XVI peut affirmer avec sérénité et assurance : « La bonté de Dieu est plus forte que tout mal en ce monde ».
7- C’est à cette conviction de foi que le Saint-Père, au terme d’une longue expérience de la vie et d’une profonde relation avec Dieu, nous invite en ce Dimanche où nous prions avec lui et pour lui : « La bonté de Dieu est plus forte que tout mal en ce monde ». Et dans le Christ, c’est Dieu Lui-même qui veut nous rejoindre au creux de nos épreuves et même au cœur de nos tombeaux pour ouvrir sous nos pas les chemins d’un avenir nouveau et inespéré. Puisse cette célébration eucharistique nous donner l’occasion de rencontrer et d’accueillir Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, Jésus Christ notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne, avec le Père et l’Esprit Saint, maintenant et pour les siècles. Amen
Wênd na reeg-d kosgo